ANTOSANTU (tendant son curriculum vitæ). — C’est donc un éventail très larges de compétences que je mets entre vos mains. Et 25 ans d’expérience, à Paris et à l’étranger.

MARCUFELICE (légèrement ébahi). — Ah ! Je vois ! Je vois ! Merci, on va examiner tout ça.

PETRUSIMONE (neutre). — Merci !

Antosantu sort.

MARCUFELICE (dès que la porte est refermée). — Oh ! Mais pour qui il se prend, celui-là ?

PETRUSIMONE (calme et calculateur). — Tu trouves pas que c’est bien ? Si on le prend, on pourra dire qu’on a même des gens compétents qui marchent avec nous. Tu crois que les autres il en ont, toi, des gens compétents ?

MARCUFELICE (emporté). — Et toi, tu crois qu’ils ne peuvent pas en trouver un, eux ?

PETRUSIMONE (calme et calculateur). — Et alors, s’ils en trouvent un ? Tu veux que je te dise ? Il va vouloir mettre un peu d’ordre. Ce sera le bordel, et on sera gagnants. Me dis pas le contraire : tu les connais autant que moi.

MARCUFELICE (emporté). — Tant que tu y es, celui-là, pourquoi tu l’envoies pas directement chez eux, toi ?

PETRUSIMONE (calme et calculateur). — Tu sais bien qu’il faut d’abord qu’il soit ici, et que ça commence un peu à parler, pour qu’ils aient envie de l’avoir.  

Jean-Félix Cacciamosca,
Tout à 1 centime d'euro : morceaux choisis petits,
Ghisonaccia : La Gare, 2010,
(Coll. « Fictions & Frictions »).