Bénédicte, d’un commun accord avec Cécile et Bernadette, suggère à Marc d’insiter pour que Yevpraksiya publie ses nouvelles sous le pseudonyme de Praxis Bella.

Benoît annonce à Estelle qu’il aimerait bien, si elle n’y voit aucun inconvénient, l’ajouter à sa wishlist, entre Amélie et Zoé. Estelle ne s’y opposant pas, il n’hésite pas à lui demander son numéro de portable, qu’elle lui donne sans hésiter.

Bertille subodore qu’Octavien, qui vient de se séparer de Bethanie, a disparu de la circulation pour se consacrer entièrement à l’incipit de son œuvre définitive et profondément personnelle.

Bethanie fait savoir qu’Octavien n’ira pas loin puisqu’elle a mis la main sur les consommables : la dernière ramette de papier business recycled white extra 80 g et les recharges de l’imprimante jet d’encre intense recycled black de SCS, for Standard Civil Service, précise-t-elle, avec d’autant plus d’assurance que c’est elle, et personne d’autre qu’elle, qui fait les courses.

Blandine demande à Miranda ce qu’elle ferait, elle, si sa best n’était pas fan de son chéri. Quelle question, s’exclame Miranda, pourquoi ? C’est juste pour faire le test du mois sur ton fashion mag, précise Bethany. Quel test ? Savoir si je suis influençable.

Charlotte confirme ses engagements dans son combat pour un étiquetage limpide des shampoings, enfourchant à nouveau ses grands cheveux de bataille.

Darcy est certaine que Juan Gonzalo s’imagine sauver la planète en épousant une ecolo girl, et elle trouve ça très beau.

Edouardine insiste avec véhémence pour que Damienne, sa colocatrice, ne retourne pas en son absence la photo de Kasimir, son chat resté au village.

Eleonora fait part de ses inquiétudes quant à la santé mentale de Christopher qui, prétendant que Jasmine lui a jeté un sort, se dit en proie à des crises d’angoisse particulièrement vives à l’approche de la Saint Valentin.

Erlantz signale à Eleonora que Jasmine, à la même époque, n’est jamais à prendre avec des pincettes.

Faviola, à l’inverse de Jennifer, pense que Paul-Emmanuel ferait un bon géniteur mais un piètre éducateur. Ce débat est sans conséquence : Faviola et Jennifer ont toutes deux si peu de raison de vouloir le bonheur de Robertine qu’elle ne tarderont pas à se mettre d’accord sur son dos. Peut-être même sur son ventre puisque Robertine est enceinte.

Fidelia trouve que Maeleaclain a un prénom à coucher dehors. Au demeurant, ce n’est pas uniquement par compassion, qu’elle l’autorise dormir avec elle le vendredi soir, quand elle juge indispensable d’évacuer le stress de la semaine.

Flaura pense que le dissident a écrit « Une foi n’est pas coutume » pour piéger à la fois les obtus et les aigus. Les obtus ne peuvent que voir une faute d’orthographe, et s’en trouver ouvertement irrités. Néanmoins, ils se féliciteront secrètement de leur capacité, en tant que lecteurs pointus, à débusquer les scripteurs hâtifs. Les aigus ne peuvent que remarquer, dans la disparition du « s », c’est-à-dire une lettre en forme de crochet de boucher, une torsion proprement lacanienne du sens commun façon Bachelard, l’anticipation de sa déconstruction, et sa suspension analytique dans le non-dit, réceptacle final du supplément de sens induit par son effacement. Fût-il raisonné ou fortuit, c’est du pareil au même.

Florent clame qu’il admire la justesse analytique de Flaura.

Fumitoki surprend Mitsuki en lui apprenant que Solène et Zara viennent de se découvrir un point commun : toutes deux adorent les aviateurs.

Gabriel atteste qu’il n’a pas du tout apprécié le commentaire graveleux laissé par Paul-Emmanuel sous le billet où, pour rendre service à Robertine, il lui décrivait avec une précision de géographe le plus court chemin pour tomber enceinte.

Gasparine, pourtant habituée à tout comprendre à demi-mot, affirme ne plus supporter que Féliciane lui coupe la parole sous prétexte qu’elle sait déjà où elle veut en venir.

Gwennmadec assure que ce n’est pas par conviction politique, bien au contraire, qu’elle a adhéré au syndicat maison. Serena abonde dans son sens en se disant même viscéralement hostile au syndicalisme. Hugo leur donne raison, précisant qu’il y a beaucoup à perdre en jouant bêtement contre le système, alors qu’il y a tant à gagner en jouant intelligemment avec lui. Sarah, qui écoute avec une attention toute scolaire, demande si ces considérations doivent être introduites dans son rapport de stage. Hugo, appuyé par Gwennmadec et Sarah, lui préconise de les enregistrer dans sa tête sans en faire état dans son rapport.

Gwennmadec trouble Sarah en lui demandant dans le creux de l’oreille si elle a eu des rapports pendant son stage.

Hannah se targue d’avoir su, contrairement à cet imbécile de Lorenzo, se corriger de sa prétentieuse arrogance. Seule et sans passer par la case psy. Question de savoir-faire et de volonté.

Hedwige a appris que « La Salamandre de Popolasca » allait être porté à l’écran, et tournée en décor naturel avec des comédiens amateurs insulaires. Elle ne connaît pas encore la date et le lieu du casting, mais a déjà convaincu Héloïse de perdre au plus vite un peu de poids, et Hélixane de reporter à plus tard ses projets de piercing, du moins les plus voyants.

Jean-Augustin soutient que le livre le plus drôle qu’il ait jamais lu est « Le Bon Usage » de Grevisse. En effet, avant de les corriger, le grammairien donne un florilège de fautes cocasses, aussi désopilantes les unes que les autres. Ainsi en est-il du pataquès, illustré par « Ce n’est pas-t-à moi, certes, mais ce n’est point-z-à vous », un exemple que Jean-Augustin énonce avec son phrasé sûr et précieux, très proche de celui de Stéphane Bern.

Jean-Gaston rappelle que c’est lui qui, le premier, a rapporté très officiellement que, lors du pot de départ de Roseline, Violaine, légèrement éméchée, a avoué fréquenter le forum de map’tit’famille.fr sous le pseudonyme de « Tata Vio », dès lors devenu son sobriquet.

Joannie confesse que, depuis des semaines, elle lorgne sur le poste de Samira, passée des caisses à l’accueil. Joannie est, en effet, persuadée qu’avec cette promotion Samira ne va pas tarder à mettre en route un petit troisième.

Johanna informe sa clientèle que ses spasmes ne sont pas simulés, contrairement à ce qu’allèguent les commentaires agressifs et désobligeants qui se sont accumulés sous sa dernière vidéo.

Jose Antonio reconnaît qu’il repasse très régulièrement sur le site yourself.net en s’attardant, crise oblige, sur la dernière rubrique « démerdez-vous ».

Josepha, sur les conseils de Marceline, a convaincu Horace de publier sur son blog un « Eloge de l’éloge ». Ce texte a irrité Norbert, qui se prenait jusqu’à présent pour le maître incontesté du consensus. Il ne s’est pas moins senti obligé de publier immédiatement sur son blog un « Eloge de l’éloge de l’éloge », en étant persuadé que Ghislaine prendrait immédiatement le relai pour l’encenser à son tour, suivi, comme toujours par Pierre-Paul, qui lui, d’ordinaire, est systématiquement applaudi par Marceline.

Josselyne suggère à Norbert de préparer en secret une « Critique de la critique », et de la tenir au chaud jusqu’au premier faux-pas de Josepha, de Marceline, d’Horace, de Béatrice ou de Pierre-Paul. Cette suggestion fait sourire Norbert : son texte est déjà rédigé.

Kasumi est certaine que Faviola a bien couché avec Paul-Emmanuel, et qu’elle recommencera puisque, contrairement à Robertine, elle n’est pas tombée enceinte.

Kristi s’étonne d’apprendre incidemment qu’Izkazun n’ose plus sortir son iPad en réunion depuis qu’il y a installé un fond d’écran où leurs deux bichons maltais dorment sur un plaid en polaire fushia.

Ladislawa répète inlassablement à Lazlo qu’il n’a aucune chance avec Lisette s’il continue à ironiser sur son jean droit et ses mocassins college girl.

Lazlo glisse à Lisette qu’elle n’est pas vraiment faite pour le jean droit, dont elle ne se défait jamais, pas plus que pour le skinny, dont elle rêve. Il lui conseille de voir du côté du slim, de veiller à ce qu’il lui emboîte bien les fesses, et d’oser le porter avec des talons. Féminité assurée.

Lisette glisse à Lazlo qu’elle a tout ça chez elle. Même des stilettos.

Loufti résume à sa façon une thèse de psychologie du travail intitulée « clown thérapeutique et salle de rire : repenser l’accueil et l’accompagnement du licencié économique dans le monde du chômage à durée indéterminé » : les cons ! dit-il. Sans préciser à qui coller cette étiquette. Sans se marrer, non plus.

Maëllisse annonce à la cantonade que Grégory défend l’idée d’un concours de morceaux choisis où le règlement imposerait de rédiger, en langue d’ici, un digest – 500 caractères, au maximum – de l’œuvre que l’on a en tête. En récompense, on offrirait aux 100 premiers lauréats tirés au sort la publication de leurs résumés dans un manuel de littérature prospective.

Maëllisse confie à Coralie que tout la porte à croire, en fait, que Grégory espère surtout décrocher une pension honorable et un fauteuil à piston où caler confortablement sa sinécure, le temps de rédiger sous subvention renouvelable l’intégralité de l’appareil critique de cette anthologie du futur.

Marie-Camille signale que Véronique est absolument persuadée des intentions suicidaires de Gaëtan, auxquelles elle ne croit pas pour sa part. En effet, ne vient-il pas d’investir des sommes conséquentes dans l’achat de brodequins de randonnée fabriqués en Suède ? Marie-Camille pense que Véronique a très mal interprété les paroles de Gaëtan, qui a sans doute dit  « Demain, je monte là-haut », en accompagnant son propos d’un geste exagéré.

Marina remarque immédiatement que Jean-Damien, son frère, a commis l’erreur de poster, sur un site de rencontre, une photo de lui non seulement prise avec la webcam de son petit ordi, mais en plus dans la cuisine, et en outre sans gommer sous Photoshop le tube d’un anxiolytique des plus connus qui, en fait, tient lieu de salière depuis que leur mère à surmonté son licenciement et les cinq années de procédures prudhommales qui ont suivi. 

Melchior pense que la conférence de Jose Gabriel est trop inattendue  pour ne pas être violemment contestée.

Miranda confirme que l’intervention de Jose Gabriel a donné lieu à un débat d’une rare violence. Il ajoute que  l’empoignade a été stoppée par l’arrivée inopinée de Dimitri, le correspondant du quotidien local. Sans perdre une seconde, il a demandé à l’assistance de se grouper autour du conférencier. La photo prise, il s’est éclipsé. Son cliché ne montre que des sourires. La légende parle d’une brûlante discussion, fort heureusement apaisée par une brillante synthèse.

Orsantone informe la presse locale, avec prière d’insérer, que, ses subventions ayant été réduites à la portion congrue, il suspend jusqu’à nouvel ordre la mise à jour de son site culturel de recension des oracles délivrés au jour le jour par les biscotti chinese, ou fortune cookies.

Perrine rapporte que dans les laboratoires du CEMEX, ou Conservatoire des Expressions Menacées d’Extinction, on dresse la liste de tous les mots qui, dans les lettres d’ici, n’ont qu’une seule occurrence. Francesca, catégorique, lui a signifié qu’il s’agit de renforcer le « cœur de langue » en tuant les hapax.

Petr’Antone constate avec satisfaction que son prénom figure bien dans le présent ouvrage, qu’il a parcouru comme s’il s’agissait d’un annuaire. Dès lors, il se sent déjà obligé de le recenser sinon de l’encenser.

Petr’Antone précise, quitte à être cité deux fois, qu’il a horreur qu’on lui force la main. Ce qui donne d’autant plus de poids à ses éloges, toujours sincères et désintéressés. Ils viendront en leur temps.

Philibert prétend qu’il a couché avec Maurane la veille du spectaculaire accident qui, le dernier jour de ses vacances, lui a coûté la vie. Cyprien lui fait remarquer que Jean-Tibor s’en vante aussi. Philibert, Cyprien et Jean-Tibor ont beau jeu : Maurane ne peut plus rien démentir.

Phuong Mai répète à Jean-Guy, pour corriger une erreur trop fréquente, que le prénom chinois Ping peut être aussi bien porté par une fille que par un garçon. Jean-Guy n’en démord qu’à moitié : s’il s’agit d’un prénom mixte, argue-t-il, alors Pong en est un aussi.

Pierre-William affirme que Sven fait tout pour se maintenir, coûte que coûte, dans la vie sociale, et d’en occuper la scène par ses frasques et ses farces. C’est sa manière de réagir à son effacement, résultant de deux licenciements successifs, dont un collectif, amplifié par de basses manœuvres lui retirant sporadiquement, sous des prétextes futiles et fallacieux, le statut de chômeur.

Rebecca informe tous ceux qu’elle a négligés ces derniers temps que son horoscope lui conseille de renouer ce mois-ci avec eux.

Rodolphe s’imagine avoir toutes les qualités intellectuelles et morales pour figurer en bonne place sur la liste « Avenir et solidarités plurielles » conduite par Marc-Anselmu qui, par ailleurs ne lui doit rien, alors qu’il n’en est pas de même en ce qui concerne Carla-Maria, Maria-Delfina, Rosa-Batista, Nina-Vitoria, Anna-Silvia,  Chiara-Culomba et même Georgette. Comme l’avait prévu Rémy, fin analyste, Rodolphe réussira tout juste à devancer Georgette.

Sakura pense que Martine serait un excellent coach si elle ne projetait pas sur tous ceux qui passent à sa portée sa propre histoire, truffée de situations toutes aussi glauques les unes que les autres. Comme de juste, Martine s’en défend en insinuant ouvertement que Sakura a trop de choses à cacher pour oser parler d’elle. Ou pire, qu’elle n’a jamais rien vécu.

Thibaut engage Clarisse, toujours excessive dans ses certitudes, à ne pas oublier que, pour Gaston, les théories sont des erreurs valides que la science corrige en avançant. Il sait d’avance que Clarisse cherchera d’abord le Gaston dont il parle sur sa liste d’amis, avant de réviser sa théorie et d’aller consulter d’autres répertoires plus pertinents. 

Wendie nous apprend que Germinie dénonce avec âpreté les prétentions littéraires de Santana, faisant remarquer les notes calamiteuses que cette dernière obtenait lorsqu’elles préparaient ensemble les concours administratifs de catégorie B. Il est vrai que la première a intégré l’éducation nationale et, bien qu’elle n’enseigne rien mais surveille tout, toise d’un regard hautain et suspicieux toutes celles qui, comme Santana, ont été reconnues aptes à porter un uniforme de police.

Yan-Cedric prétend que Jason, Kérianne, Darius et Thelma, les « Quatre Mouches Côtières », ont la ferme intention d’instituer une petite académie insulaire alimentant docilement les lettres d’ici à coup de résurrection de contes et légendes populaires, servant leurs thèmes archaïques dans des formes désuètes, mais authentiques.

Yvanna rapporte qu’en analysant les corbeilles à papier, elle a constaté que les cénacles de la CB, ou Corsica Bucolica, ressassent ad nauseam des histoires de bergers et bergères gravant des cœurs tendres dans la pâte molle de leurs fromages fraîchement labellisés, le tout sous l’œil jaloux d’un vieux bouc se déverminant le croupion contre l’écorce rugueuse d’un grand chêne moussu.

Zoé jure qu’Yvanna n’a rien inventé.