# L'INZECCA ovale

Sous la main d’Antoine Ottavi, ce qui n'était en 1988 qu'une ruine est devenu une perle de montagne. C’est sur la route de Ghisoni, à dix minutes environ de Ghisonaccia, juste à l’orée du défilé de L’Inzecca. Dans toute la région, c’est l’auberge à connaître, notamment si on est à la recherche d’un accueil chaleureux, d’un environnement envoûtant, d’un cadre au bon goût sobre et reposant, et d’une carte déployant avant tout une palette de spécialités locales admirablement travaillées. Impossible de rivaliser avec les incontournables beignets de courgette poireaux [1]. Impossible de résiter devant le plateau de charcuterie maison, élaborée par Antoine Ottavi lui-même. Impossible de trancher entre ses tripettes à la mode corse, ses canelloni au brocciu, son veau aux olives ou son agneau de lait rôti sans se promettre, en même temps, un deuxième passage pour poursuivre dans le sens des valeurs traditionnelles les plus sures, concoctées avec amour et respect. Impossible, aussi de ne pas se laisser entraîner vers le plat du jour dont on ne sait jamais à l'avance ce qu’il sera tant il est le lieu ou se rencontrent les hasards du marché et les saisons de la nature, orchestrés avec brio par un chef inventif. Résumons. Vous avez repris la direction de L’Inzecca pour raccrocher vos papilles à la cuisine corse, ou les en rapprocher si votre initiation est en cours. Vous savez qu’elles feront leurs gammes avec les beignets de courgette poireaux [1]. De là, elles pourront bifurquer rituellement et sans souci vers les grands classiques. Mais s’il y a chez vous un petit quelque chose qui vous fait adorer les suprises et admirer les trangressions réussie, alors vous les ferez bifurquer, par exemple, vers des manières insolites de rouler les aubergines, ou encore de combiner les saveurs de mer et de montagne en farcissant de brocciu passu des sardines de Méditerranée. Il y a autant de plaisir à repasser sans se lasser par les mêmes chemins qu’à s’aventurer aussi hors des sentiers battus. Mais c’est assez philosophé. Salivons ! VOIR LES IMAGES

DEUX CONSEILS
Si vous êtes sur place, n’attendez pas le mois d’août.
Pensez à vous annoncer : 04 95 56 62 62

UNE NOTULE DE MISE À JOUR
[1] courgettes poireaux : signale la correction d’une erreur. Sa cause se rapproche de l’effet Stroop : le rédacteur est provisoirement obnubilé par la récolte de ses premières courgettes. S’étant promis d’en servir à tous les repas, sans créer de lassitude, son esprit est absorbé par l'inventaire mental des diverses manières de les accomoder, à un point tel qu'il en voit de partout, jusqu'à les confondre avec des poireaux. Qu'on lui pardonne cette hallucination : erreur corticale transitoire et saisonnière, et non pas chronique et papillaire. Mille excuses pour ce dérapage lexical sans glissement sémantique ! (Mise à jour du 23/06/2013)