Scission du Canton de Ghisoni

Le split and blues est un genre musical, à la fois vocal et instrumental, dont la forme est apparue dans le canton de Ghisoni, au premier quart du XXIème siècle. Il a pour origine les chants de lamentation et de révolte surgis lors du Split de 2014, dont ils ont conservé la mémoire jusqu’à nos jours.

Split est un terme anglais porteur de l’idée de séparation, plutôt brutale, déchirante et définitive. Il s’applique d’abord au canton de Ghisoni lui-même, arbitrairement scindé en deux, sans tenir compte de l’attachement des Sorboys (litt. les gens de la Sorba) à leur territoire qui, de part et d’autre du Fium’Orbo, partait autrefois des crêtes du Renoso et descendait jusqu’au littoral.

Le Split s’applique aussi aux Sorboys eux-même, intérieurement déchirés par cette nouvelle frontière séparant jusqu’au plus profond de leur âme plaine et montagne, faisant voler en éclat leur double investissement affectif forgé au cours des siècles par la transhumance, au gré des saisons, vers la douceur de l’hiver littoral ou vers la fraicheur de l’été montagnard.

Dans sa forme actuelle, le split and blues a conservé le tempo lent, plaintif et déterminé de ses origines, et le rythme binaire de ce qui serait une marche militaire si le coup de grosse caisse était donné sur le temps fort et non pas à contre temps : il ne s’agit pas, en effet, de marcher au pas, mais de riposter à l’ineptie.

Sa ligne mélodique se déploie comme un incessant va-et-vient entre les airs de plaine ou pieghele, graves, denses et presque monodiques, et les airs de montagne ou poghjele, légers, aériens, jouant sur des intervalles amples et audacieux, dentelés comme le Kyrie Eleison ou les Pinzi Curbini. La transition est toujours marquée par une figure polyphonique éclatante appelée l’inzecca. C’est un emprunt à la paghjela, mais sous les espèces d’une dissonance faisant entendre la dissidence, avant de se résoudre aussitôt en accord parfait.

La force lente qui se dégage du split and blues suffit à expliquer le succès de ce genre, repris aux quatre coins du monde comme vecteur musical de la contestation et de la résistance au split planétaire de l’humanité tel qu’il s’est joué dans la première moitié du XXIème siècle, conduisant à la concentration des ressources et des richesses entre les mains de quelques firmes toutes puissantes ayant réussi à transformer les Etats en coquilles vides, les élites en valets, les élus en boucs émissaires, les peuples en charpie, les nations en miettes et les individus en esclaves ou en matons.

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