SUR LE SENTIER

L’agence européenne de surveillance et de sécurité des itinéraires pédestres sans enrobés (Æ2S IPSE) vient de publier son rapport décennal sur la praticabilité des sentiers muletiers de l’aire septentrionale de la Méditerranée occidentale. Une fois de plus, la Corse est en pole position grâce à son programme unique d’amélioration de l’utilisabilité [1] des tracés non verticaux par concentration sélective des flux pédestre sur les cheminements HQH (horizontaux et quasi horizontaux [2]) élus au PARIS, le plan annuel de répartition des investissements sectoriels. L’étude, confiée au cabinet OORLOG VREDE & PARTNERS, pondère cependant l’excellence des résultats corses qui pourraient, à terme, être amoindris si, loin d’être enrayée, la prolifération de sus scrofa meridionalis, et de ses multiples hybrides, se poursuivait ou s’accélérait. En effet, la bioturbation des sols à coup de groin a, sur un sentier, deux conséquences. D’abord, un effet mécanique, en défonçant et aérant un sol soustrait par le piétinement à l’envahissement végétal. Ensuite écologique, en disséminant sur les boutis des spores et des graines qui reconstituent le couvert végétal, conduisant progressivement à la disparition des cheminements. Sauf à mettre en place un programme énergique de contention des populations de suidés, et d’y accoupler un programme ambitieux de développement du piétinement. À cet égard, quelques pistes sont signalées, qui consisteraient, par exemple, à démultiplier dans les écoles des journées de piétinement collectif, sous réserve d’y maintenir des classes assez nombreuses. En effet, de récentes études [3] ont montré que l’efficacité du piétinement diminuait deux fois plus vite que le nombre d’enfant, tout simplement parce que les enfants ont deux pieds.


[1] Cf  norme ISO 9241-11
[2] Pente inférieure à 20 %.
[3] Dimitri Tsipouropoulos, Mesure de la bidimensionnalité stochastique des déplacements à petits pas et variabilité de la coordination pied droit vs pied gauche, HDR, 2014.