26/10/09
Sous les braises, le café littéraire

Jean-Claude et Danielle Macé, les premiers invités du Café Littéraire San Francescu
Moriani. – Ce samedi 24 octobre 2009 Danielle et Jean-Claude Macé inauguraient le café littéraire San Francescu en y donnant une conférence autour de l’ouvrage Les Braises des années rouges. Ce livre, Jean-Claude l’a écrit à partir du travail opiniâtre poursuivi par Danielle pour retrouver, envers tous les secrets d’Etat et leurs mensonges associés, la trace de son père, qui se perdait dans l’Est de la France un mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage a été publié à Casanova, dans une villa à flancs de coteau déroulant sous sa Terrasse la silhouette de Poggio di Venacu, l’endroit même où se noue, quelques mois avant le début de la guerre, l’idylle et le mariage d’un jeune soldat russe du 173e Régiment d’infanterie et d’une jeune poggiolaise, Yvan Modzalewski et Emilie Bertoni, les parents de Danielle.
Histoires. – Avec une conviction reflétant ce qui aura été, et est encore, la quête de toute sa vie, Danielle s’est lancée dans le récit captivant d’une double histoire. La sienne, celle de sa recherche, où une multitude de péripéties surgissent de demandes très anodines formulées auprès des autorités militaires, de rares témoignage recueillis auprès de quelques compagnons d’arme, et de recoupements soulignant les contradictions et les invraisemblances. Ainsi, de hasards en rebondissements, Danielle réussit à reconstituer la deuxième histoire, celle de son père. Yvan, jeune soldat brillant, parlant couramment les quatre langues ma jeures du conflit — le russe, l’allemand, le français et l’anglais —, ne peut être passé inaperçu des autorités militaires, qui savent déclencher une enquête de moralité avant d’accorder à un soldat le simple droit de se marier. Il est versé dans les Commandos d’Afrique, une unité d’élite qui, de la Corse jusqu’à Sarreguemines, va scrupuleusement suivre le déplacement de la ligne de front, et même le devancer de quelques infiltrations. À la fin de la guerre, c’est le trou noir. Le soldat s’évanouit. Sa femme ne reçoit plus de lettres, et commence une attente qui durera jusqu’à ses derniers jours.
Goulag. — L’acharnement de Danielle reconstitue peu à peu le parcours énigmatique de son père. L’Armées française finit par dire qu’il a été mis à la disposition des Russes et a rejoint l’Armée Rouge. Le témoignage direct d’un compagnon d’infortune atteste qu’il a connu la Sibérie et le goulag. À sa libération, il se remarie et part en Azerbaïdjan où sa vie d’achève en 1982… Difficile de résumer à la fois cette biographie d’exception et l’histoire non moins exceptionnelle de sa reconstitution. Autant se plonger dans le livre, dans le style vif et sensible de Jean-Claude Macé, et de se laisser emporter par le souffle ininterrompu de son roman fleuve. C’est ce que s’apprêtent à faire les nouveaux lecteurs repartis ce jour là avec un livre orné d’une de ces dédicaces dont Jean-Claude à le secret, et qui vous transforment sur le champ en ami et complice.
Rencontres. — Ce premier café littéraire San Francescu signale l’ouverture, à Santa Lucia di Moriani, d’un nouveau lieu de rencontre autour des choses de l’esprit et des artistes qui les portent. Il a encore des allures de prototype à la recherche de ses derniers traits. Il a déjà son âme à travers Brigitte Bertrand, secondée de ses deux filles, qui, après avoir réussi la rénovation de l’hôtel, travaille à en faire un rendez-vous incontournable de créateurs et d’amateurs éclairés. Le cadre se prête à merveille à des causeries périodiques, où l’assistance et le conférencier sont tout naturellement entraînée, par l’intimité du lieu, vers la conversation et le dialogue. Le passage de l’un à l’autre s’est spontanément opéré, avec d’un côté Danielle entourée de toutes les questions nées de son exposé, et de l’autre Jean-Claude dédicaçant son ouvrage, en attirant au passage l’attention sur les autres ouvrages au catalogue des éditions Teramo, les siens, Visage d’ange et Roger Ristori l’Africain, et aussi Ceux d’à côté, un recueil de nouvelles fantastiques de la plume de Sébastien Pisani, dont il faudra bien que je parle un jour… • XC

Jean-Claude Macé et Brigitte Bertrand au moment de la dédicace des Braises.
Aux éditions Teramo
Les Braises des années rouges, Jean-Claude Macé
Visage d'ange, Jean-Claude Macé
Roger Ristori l'Africain, Jean-Claude Macé
Ceux d'à côté, Sébastien Pisani
28/06/09
BD noire en noir et blanc / PARU
OUVRAGE DISPONIBLE : COMMANDER
Un ouvrage diffusé par : COURT CIRCUIT DIFFUSION
JBNO PASARAN
Sortie pour la fête de la musique
Les éditions Libertalia s'apprêtent à participer à leur manière à la fête de la musique en y injectant une BD en noir et blanc très rocky et très punky.
Le JB : un rocker sachant croquer
JB est un auteur complet, qui signe aussi bien les krobars que le scénar. Et, si on imagine une version sonore, il pourrait y ajouter musique et parole. En effet, JB descend tout droit de la scène punk, rock, antifaciste et libertaire. Lorsqu'il n'est pas à la planche à dessin, il est à la batterie. L'aller retour permanent des baguettes au crayon fait de lui un des meilleurs croqueurs de rockers de sa génération, très sollicité pour les affiches annonçant les multiples concerts de sa mouvance.
Le JB : un croqueur sachant rocker
Depuis des années, il participe aux fanzines Barricata, My Way ou Kontagion. Il donne même très régulièrement dans le dessin de presse, notamment dans les colonnes du Monde Libertaire. Et, côté musique, il a joué dans plusieurs groupes, notamment Embuskade et Brixton Cats, dont il était un des fondateurs. Actuellement, il officie du côté du tempo survolté de BMG. On dit aussi qu'il trouve malgré tout le temps de réunir assez souvent quelques diasporiques parisiens de sa génération et de sa Pieve, et donne alors dans le programme « œil mouillé, guitare sèche » bien connu des amicales, sur le répertoire corse traditionnel et actuel.
Le sacre : réception en les Lettres Ghisonaises
L'été qui arrive promet de belles séances de dédicaces, entre JB pour son NO PASARAN, et Christophe Costantini pour La Note Bleue. Pourrait s'y joindre Jacques Mucchielli, avec son YAMA LOKA TERMINUS qui est toujours en attente d'une réception officielle dans les Lettres Ghisonaise. Imaginons une sorte d'adoubement reçu à Santa Croce, la chapelle de la confrérie, où Marie-Jean Vinciguerra poserait le plat de sa plume polygraphe et polyphonique sur l'épaule de chacun… Assisté de Christian Dubois, notre Saint Jérôme local, qui nous a traduit La Bible in vernaculariu nostru. Et quelques autres, dont un, équipé lunettes noires et mouchoir en papier, pour ne pas trop étaler sa profonde émotion.
Le pitch : variation noire sur un thème de banlieue
Printemps 2006 dans l’Est parisien, Farid, militant antifasciste radical, est assassiné par des néonazis. Son frère Manu remonte la piste de ses agresseurs pour le venger. Ce faisant, il cherche à y voir plus clair dans la façon dont vivait son cadet…
• JB, No Pasaran. Montreuil-sous-Bois : Libertalia, 2009. (BD, 72 pages, 7,00 €)