Non, la Commune n’est pas morte

« Le cadavre est à terre mais l'idée est debout. »
Telle est la devise de l’Association des amies
et amis de la Commune de Paris 1871,
la plus ancienne organisation du mouvement ouvrier.
Cette association a été fondée dans les années qui ont suivi la loi d’amnistie totale des communards votée par l’Assemblée nationale en 1880. Elle se donne pour mission de venir en aide aux anciens de la Commune et à leurs familles. Sa création, sous le nom de « Solidarité des proscrits » remonte à 1882. Elle se nommera par la suite « Solidarité des militants de 1871 », puis « Société fraternelle des anciens combattants de la Commune ». Avec le temps, le nombre de communards vivants est de plus en plus réduit. En 1914 , on ajoutera « …et amis » pour y associer tous ceux qui portent le deuil des anciens camarades, de moins en moins nombreux, dont on organise les obsèques. Dans l’entre deux guerres, elle se nommera « Association des vétérans et des amis de la Commune ». Elle s’essouffle, faute d’anciens combattants, mais renaît en 1962, comme « Association des amis de la Commune de Paris », en se donnant pour objet l’entretien de la mémoire des « combattants héroïques » de ces 72 journées de révolution parisienne. La dernière correction apportée au nom date de 2013, incluant les « amies » devant les « amis ». Chaque 18 mars est célébré le premier jour de la Commune. Le dernier est marqué par un dépôt de gerbe au Mur des Fédérés.
Depuis 2015, l’association est présidée par l’historien Roger Martelli. Il marque à sa manière les 150 ans de la Commune en lui consacrant un livre qui rappelle qu’il y a un siècle et demi « Paris s’engageait dans une expérience inédite de gouvernement populaire, visant à réaliser concrètement les valeurs révolutionnaires et républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité. » Nous l’accueillons comme une vaccination utile, pour renforcer – agrémentées de quelques réflexions pertinentes et documentées – l’immunité collective que nous espérions entretenir en chantant, selon les circonstances, « le temps de cerises » ou « non, la commune n’est pas morte ».
SORTIE LE 8 MARS 2021
Roger Martelli,
Commune 1871. La révolution impromptue,
Paris : Arcane 17, 2021,
200 pages, 18,00 €
ISBN 9782918721970