21/11/09
NO PASARAN et la censure libertaire
Allez faire un tour
sur le site de Libertalia,
un éditeur qui manipule
la pensée libertaire
dans son édition,
et dans ses limites aussi.
En juin 2009 paraissait NO PASARAN, sous la signature de JB. Aujourd'hui, cette BD en noir et blanc est toujours au catalogue, mais, curieusement, l'éditeur a supprimé, sous l'image de la couverture, le lien « acheter en ligne ». Et, par souci de cohérence, ce titre n'est pas repris dans l'espace librairie du site. Dans un univers idéologique prompt à hurler à la censure et à la ruine de la liberté à chaque occasion, c'est assez rare de débusquer une forme de censure, certes larvée, mais bien réelle.
C'est cette perle que je vous livre aujourd'hui, cueillie sur le collier où Libertalia dispose ses collections. Cherchez la perle noire, c'est désormais celle qui a le plus de valeur !
On se plaindra d'un monde très ordinaire où les conseils d'administration font et défont les pdg, et dégraissent les catalogues en passant à la trappe les produits aux résultats financiers insuffisants. N'oublions pas de nous plaindre aussi de ces petits mondes extraordinaires ou des petits collectifs d'apparatchiks distribuent leurs louanges et sanctions, au nom des goûts et des idéologies qu'ils prétendent défendre, par le truchement de petites intrigues et basses manigances. Et il est toujours plus facile de se draper dans la pureté des idées pour juger les œuvres faites par les autres que d'en commettre soi-même une où défendre ses raisons d'œuvrer autrement. Là, il faut du talent, du temps et du travail. Il en faut même pour dire clairement ses raisons d'écarter. Permettre d'éliminer sans procès, c'est toujours faciliter le travail des abrutis en leur donnant d'avance le pouvoir, ne serait-ce qu'en partageant par le silence leur incapacité à argumenter. Le bord dont ils se targuent ne change rien à l'affaire tant la jalousie est une mécanique universelle.
17/09/09
Billet court sans titre suivi d'un lien qui l'illustre
Où il est montré, sinon démontré :
1. Qu'un bédéiste corse peut atteindre l'universel.
2. Que le rasoir d'Ockham ne rase pas les paquerettes.
3. Qu'un manifeste peut tenir dans une bulle.
• La Révolte des Patates
BD (1 planche) d'Antò Santu.
25/04/09
La culture à l'approche des élections territoriales
Dans le Ci Simu d'après sa Révolution Birmane (celui qui a réussi a être mensuel pendant un mois), on trouvera une très belle double page (fond couleur argent public) où l'Outil Culturel de la CTC cultive les lecteurs en leur donnant à réciter la liste des partenaires de l'opération Pass Cultura.
Sauf la couleur, ça ressemble un peu à un placard de médailles sur la poitrine d'un cinq étoiles (ancienne norme) de l'ex-Armée Rouge.
Sauf la couleur ? Sors vite vite tes feutres, ta gouache et tes pinceaux…
Soyons sérieux et magagnons
L'opération Pass Cultura a été assez peu commentée, ni dans les rubriques culturelles de la presse politique, ni dans les rubriques politiques de la presse culturelle. Pourtant, c'est typiquement une mesure néo-libérale. Plutôt que de continuer à déverser des tombereaux de subventions culturelles sur des créatifs totalement incontrôlables (et surtout très irrespectueux des lois du marché), il vaut mieux subventionner les consommateurs. Ainsi on filtre : seuls seront, in fine, récompensés les créatifs qui, ayant respecté les lois du marché, encombrent les bacs, les ondes, les scènes et les cimaises. Plus un centime pour la création. Tout pour la consommation !
Au passage, on renforce chez les jeunes l'adhésion à l'essence même de la culture néo-libérale : le pouvoir est individuel et concentré dans le chéquier ! Avec une dynamique d'animation commerciale : la course à la réduc ! Avec des bénéfices politiques évidents : au moins, ça se voit et vit autrement que la subvention d'antan ! Supposons que, pour des raisons culturelles, je veuille remplir le cinoche de ma copine. Je classe sa salle en catégorie cinépédagorama, ce qui me donne le droit d'affréter un car qui va chercher les gamins des écoles dans les villages reculés. En gros, j'utilise la puissance publique pour concentrer tous les mercredis des enfants ruraux dans une salle obscure où je leur montre ce que je veux.
Et bien, ça, c'est fini.
On fait ça pour le cinéma ? Et pourquoi pas pour le Macramé, le Scrapbooking, la Polenta et le Taekwondo ? Et vlan ! Je me ramasse toutes sortes de collectifs singuliers qui menacent de faire un barouf d'enfer aux Territoriales ! Et je me mets à gérer la circulation croisée des jalousies mutuelles et réciproques dans le petit monde afamé des bateleurs du mercredi. Et bien, ça c'est fini.
Au passage,je me simplifie le discours politique et réussis enfin
(là, franchement, je savais pas faire)
à me réjouir de ce que tel jeune un peu craignos limite anar sauvage se réserve son chèque livre pour NO PASSARAN. Certes, mais avec la réduc CTC !
Réjouissons-nous ! La démagogie ne sera plus jamais ce qu'elle était !
Question démagogie, je peux même vous annoncer la sortie imminente (lancement le 6 juin à Paris dans un concert rocky punky) de NO PASSARAN, une BD de JB, un dessinateur corse qui n'est pas de mon bord. Vraiment pas…
Mais, soyons juste, il s'est fait un marché. Ça, ça se respecte.
• Xavier CASANOVA