14/11/09
Qu'est-ce qui se passe ?
Ecclesia elastica
E V O C A T I O
Bonne nouvelle ! La Corse a enfin un évêque porteur de l’annonce de l’Evangile. Il était temps, à ses yeux, que cette très ancienne terre du Pape fût enfin touchée par cette grâce. D’évidence, à son estime, cette grâce manquait et manque encore cruellement à la Corse, à ses gens, à ses pasteurs. Si cruellement qu’en sa nouvelle pastorale, se félicitant de son courage épiscopal, l’évêque dénonce aujourd’hui comme une forme rare de séparatisme ecclésial le fait, constaté a posteriori, qu’un curé démis de sa cure s’avère entouré de paroissiens qui ne veulent pas se séparer de lui.
R E V O C A T I O
Ouvrons les yeux ! Tous les curés savent que le droit canonique se termine sur sa cinquième et dernière partie, qui statue sur leur révocation ou leur transfert. C’est elle qui accorde à l’évêque un pouvoir discrétionnaire, qu’il est sensé exercer « en observant l'équité canonique et sans perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l'Église la loi suprême. » Cette phrase ultime du canon de l’Eglise vient merveilleusement conclure la vacuité totale du droit dont elle se pare, un droit qui se fonde d’une part sur une équité planant au dessus et au-delà de son texte comme une sorte de vœu pieu généralisé auquel il est bon de croire pour ravaler au besoin ses déceptions et ses amertumes ; et d’autre part sur une loi suprême échappant à tout examen positif, objectif, palpable et logique : le salut des âmes.
V O C A T I O
Gaudemus ! Mais réjouissons-nous : en sa grande sagesse l’Esprit Saint semble avoir cessé de susciter les vocations à vivre sous l’arbitraire absolu et totalitaire qui encadre certaines charges ecclésiales. Il y a tellement d’autres manières de vivre sincèrement et pleinement sa foi, d’inscrire sa vie dans la continuation des grandes traditions spirituelles, d’expérimenter à l’infini la liberté que certains trouvent en Dieu, et de la partager sans compter avec ses frères de souffrance…
I N V O C A T I O
Comprenons ! L’évêque invoque le canon 1740 et le canon 1746, qui statuent sur la révocation d’un curé. Notons le canon 1741 qui en énonce les motifs.
1741. — Les motifs pour lesquels un curé peut être révoqué légitimement de sa paroisse sont principalement (notamment) les suivants :
1. une manière d'agir qui cause un grave détriment ou un trouble grave dans la communion ecclésiale;
Questiona. — La communion ecclésiale ne peut-elle pas être aussi troublée par la manière d’agir d’un évêque ? Un manque de lisibilité ou de crédibilité dans la conduite de la parole ne nuit-elle pas à la communion ? Communier, serai-ce prendre pour argent comptant la parole d’un seul contre toutes celles qui, si spontanément, s’expriment et se partagent ?
3. la perte de la bonne estime chez les paroissiens proches et sérieux ou l'aversion envers le curé, dont on prévoit qu'elle ne cessera pas rapidement;
Questiona. — Un évêque ne peut-il pas, lui aussi, perdre la bonne estime de ses diocésains ? Générer une certaine aversion ? S’il en était ainsi, comment apprécier le degré de proximité et de sérieux des diocésains aptes à en porter témoignage ? Au demeurant, dès lors que l’on voit quelque endroit que ce soit comme une terre où porter l’Evangile, c’est déjà la mettre tout entière en dehors de la proximité et du sérieux doctrinal qui permettrait de tenir compte de ce qui s’y vit, s’y ressent, s’y pense et s’y dit. Dès lors, un ministère de la parole n’y serait avant tout qu’une invitation au silence. Et la prière même y serait vue comme une vaine gesticulation, un simple vacarme dans un bruit de fond sauvage, indifférencié, à discipliner, à faire entrer dans le ton et dans le rang. Dans la distribution grandiloquente d’une vérité venue d’ailleurs, à laquelle, ici même nous n’aurions jamais travaillé, d’aucune manière que ce soi. Peuple sans foi. Sans âme. Sans langue. Sans culture. Sans traditions. Sans histoire.
P R O V O C A T I O
Notarella. — De longue date on sait, dans les paroisses, qu’en adoptant les attitudes qui permettent d’être ouvertement reconnu comme faisant partie des « paroissiens proches et sérieux », alors on peut entrer laïc dans les affaires d’Eglise par la petite porte de son canon 1741, et, au besoin, rapporter canoniquement à l’évêque les fluctuations de son estime à l’égard du curé, voire l’émergence du commencement de l’esquisse d’un début d’aversion avérée.
Notaccia. — À Venise, sur le mur du Palais des Doges, à côté de la porte d’entrée, la tête sculptée du lion de Saint Marc ouvre sa gueule. Parlerait-il ? Non ! Il avale les dénonciations anonymes déposées sur sa langue de bronze.
• Xavier Casanova, 14 nov 2009
09/11/09
Café littéraire serré et corsé à Calvi
Continuant à suivre Jean-Claude Macé de café littéraire en café littéraire, me voici à Calvi, accueilli par Claudette Cadon une de ces innombrables bénévoles qui font vivre le réseau « Bibliothèque pour tous », et tout particulièrement la plus incroyable petite bibliothèque que j'ai jamais vue, qui tient dans un édifice octogonal aux dimensions des chapelles mortuaires du Cap Corse, planté au centre de la petite Place Saint-Charles, à deux pas de la Cathédrale de Calvi. Vous ne connaissez-pas ? Tant mieux ! Ce sera le thème de votre course au trésor lors de votre prochaine escale à Calvi. Infiniment plus fun que la maison de Christophe Colomb. Plus transparente, aussi. Et mieux documentée.
Un café Macé ?
Un café serré et corsé !
J'adore ces petites mezzanines qui donnent à la moindre réunion des allures de conspiration, et qui permettent de suivre de haut et du coin de l'œil l'immobilité absolue de Calvi en ce premier week-end d'après son Festiventu. Le plafond bas semble tout concentrer : le souvenir des volutes de tabac d'avant la Prohibition, les confidences d'après les canailleries ordinaires et les certitudes sans lieux ni dates qui de partout aux quatre coins du monde déclinent les mêmes manières de sourire ou pleurer les amours bien trempées et les destins hors du commun entraînés hors des sentiers battus. Avec les Macé, on est servi : ils ont fini par se faire romanciers pour raconter comment l'Etat, ses corps et ses clercs, trafique la réalité et berne une famille à qui est refusé le droit de savoir quel trou noir a bien pu absorber, dans les dernières semaines de la Seconde Guerre Mondiale, le soldat Yvan Modzalewski (déjà cité dans ce blog).
Ci-dessus. – Dans une ambiance qui sent bon la mezzanine, face à douze personnes s'apprêtant à entrer de plain pied dans la confidence, Claudette Cadon vient de passer la parole à ses invités, Jean-Claude et Danielle Macé. Il est 14h45. La petite assemblée se dispersera très difficilement à l'approche de 18h00. Même littéraires, il est des cafés plus corsés que d'autres. Dans ma petite expérience, ce café « Bibliothèque pour tous » est, pour l'instant, le plus corsé et le plus fruité qu'il m'ait jamais été donné d'apprécier. À la fois moka Macé et moka BPT Calvi ! Grand cru. • XAVIER CASANOVA
Du Manifeste de Luri à l'Operata Culturale

Malgré les aléas du calendrier, la moitié des auteurs engagés dans le mouvement « Manifeste de Luri » a réussi à se réunir à Francardu, accueillis dans la salle d'honneur du Centre des Arts du Feu Prumitei, où ils ont pu tout à loisir débattre de la poursuite de leur action.
La première résolution, unanimement adoptée, fait suite à la proposition de Marie-Jean Vinciguerra d'inscrire sur notre bannière « OPERATA » en lieu et place de « manifeste ». Le terme initial a, certes, des résonances littéraires, mais il manque singulièrement de résonances corses, et d'ouverture très large vers toutes les multiples manières de s'engager collectivement dans la défense et l'illustration de la culture Corse, ou de reconnaître la diversité des engagement d'une multitude d'autres communautés de créateurs. Operata è apertura, donc. On y reviendra.
Plus d'info
Voir le site de Jean-Pierre Santini
28/10/09
Déclaration d'antériorité
28 octobre 2009
Xavier Casanova
réserve le titre suivant
UN SEL D'ARGENT
MIMORIA ARGHJINTINA
pour un ouvrage réalisé par ses soins et à paraître sous la signature de Norbert Paganelli.
26/10/09
Sous les braises, le café littéraire

Jean-Claude et Danielle Macé, les premiers invités du Café Littéraire San Francescu
Moriani. – Ce samedi 24 octobre 2009 Danielle et Jean-Claude Macé inauguraient le café littéraire San Francescu en y donnant une conférence autour de l’ouvrage Les Braises des années rouges. Ce livre, Jean-Claude l’a écrit à partir du travail opiniâtre poursuivi par Danielle pour retrouver, envers tous les secrets d’Etat et leurs mensonges associés, la trace de son père, qui se perdait dans l’Est de la France un mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage a été publié à Casanova, dans une villa à flancs de coteau déroulant sous sa Terrasse la silhouette de Poggio di Venacu, l’endroit même où se noue, quelques mois avant le début de la guerre, l’idylle et le mariage d’un jeune soldat russe du 173e Régiment d’infanterie et d’une jeune poggiolaise, Yvan Modzalewski et Emilie Bertoni, les parents de Danielle.
Histoires. – Avec une conviction reflétant ce qui aura été, et est encore, la quête de toute sa vie, Danielle s’est lancée dans le récit captivant d’une double histoire. La sienne, celle de sa recherche, où une multitude de péripéties surgissent de demandes très anodines formulées auprès des autorités militaires, de rares témoignage recueillis auprès de quelques compagnons d’arme, et de recoupements soulignant les contradictions et les invraisemblances. Ainsi, de hasards en rebondissements, Danielle réussit à reconstituer la deuxième histoire, celle de son père. Yvan, jeune soldat brillant, parlant couramment les quatre langues ma jeures du conflit — le russe, l’allemand, le français et l’anglais —, ne peut être passé inaperçu des autorités militaires, qui savent déclencher une enquête de moralité avant d’accorder à un soldat le simple droit de se marier. Il est versé dans les Commandos d’Afrique, une unité d’élite qui, de la Corse jusqu’à Sarreguemines, va scrupuleusement suivre le déplacement de la ligne de front, et même le devancer de quelques infiltrations. À la fin de la guerre, c’est le trou noir. Le soldat s’évanouit. Sa femme ne reçoit plus de lettres, et commence une attente qui durera jusqu’à ses derniers jours.
Goulag. — L’acharnement de Danielle reconstitue peu à peu le parcours énigmatique de son père. L’Armées française finit par dire qu’il a été mis à la disposition des Russes et a rejoint l’Armée Rouge. Le témoignage direct d’un compagnon d’infortune atteste qu’il a connu la Sibérie et le goulag. À sa libération, il se remarie et part en Azerbaïdjan où sa vie d’achève en 1982… Difficile de résumer à la fois cette biographie d’exception et l’histoire non moins exceptionnelle de sa reconstitution. Autant se plonger dans le livre, dans le style vif et sensible de Jean-Claude Macé, et de se laisser emporter par le souffle ininterrompu de son roman fleuve. C’est ce que s’apprêtent à faire les nouveaux lecteurs repartis ce jour là avec un livre orné d’une de ces dédicaces dont Jean-Claude à le secret, et qui vous transforment sur le champ en ami et complice.
Rencontres. — Ce premier café littéraire San Francescu signale l’ouverture, à Santa Lucia di Moriani, d’un nouveau lieu de rencontre autour des choses de l’esprit et des artistes qui les portent. Il a encore des allures de prototype à la recherche de ses derniers traits. Il a déjà son âme à travers Brigitte Bertrand, secondée de ses deux filles, qui, après avoir réussi la rénovation de l’hôtel, travaille à en faire un rendez-vous incontournable de créateurs et d’amateurs éclairés. Le cadre se prête à merveille à des causeries périodiques, où l’assistance et le conférencier sont tout naturellement entraînée, par l’intimité du lieu, vers la conversation et le dialogue. Le passage de l’un à l’autre s’est spontanément opéré, avec d’un côté Danielle entourée de toutes les questions nées de son exposé, et de l’autre Jean-Claude dédicaçant son ouvrage, en attirant au passage l’attention sur les autres ouvrages au catalogue des éditions Teramo, les siens, Visage d’ange et Roger Ristori l’Africain, et aussi Ceux d’à côté, un recueil de nouvelles fantastiques de la plume de Sébastien Pisani, dont il faudra bien que je parle un jour… • XC

Jean-Claude Macé et Brigitte Bertrand au moment de la dédicace des Braises.
Aux éditions Teramo
Les Braises des années rouges, Jean-Claude Macé
Visage d'ange, Jean-Claude Macé
Roger Ristori l'Africain, Jean-Claude Macé
Ceux d'à côté, Sébastien Pisani
14/10/09
Portraits d'allocataires du RSA (suite)
Un précédent billet signalait une exposition de photos à l’Hôtel du département : 14 portraits d’allocataires du RSA, par le photographe Philippe Marini. Par voie de commentaire, l’adresse du site de Philippe Marini m’a été communiquée. Je m’empresse donc de mettre à portée de clic les 14 triptyques de l’exposition RSA. Une mise en image qui mérite le détour, pour la qualité des photos, et l’efficace sobriété du montage.
02/10/09
Accès règlementé
23/09/09
Bouchez ce trou que je ne saurais voir
La mine de Farinole menacée d'obstruction par des technocrates bouchés
La municipalité de Farinole se mobilise pour sauver de la bétonnisation les galeries de sa très ancienne mine de fer, dont l'exploitation a commencé au XVIe.
Visitée par les Inspecteurs des Cavités Nationales, grand spécialistes du creux s'il en est, ces galeries quasiment historiques ont subitement pris le statut de perforations à haut risque, qu'il convient de boucher au plus vite pour la sécurité des riverains.
Ces derniers ont été ravis d'apprendre d'un expert qu'ils ont côtoyé cinq siècle durant un danger mortel qui, fort heureusement, n'a jamais tué grand monde. Comme quoi, un expert peut, en cinq minutes, donner tort aux quelques vingt générations successives qui, durant cinq siècles, ont plutôt fait bon ménage avec leurs trous séculaires, qui n'ont jamais mangé personne.
Plus sérieusement, et de manière générale, rappelons que si on demande à un expert de se prononcer officiellement sur la dangerosité de quoi que ce soit, on le contraint en fait à fournir une réponse à travers laquelle il se protège lui-même. En effet, fou serait l'expert qui, en de telles circonstances, n'ouvrirait pas immédiatement le parapluie pour se couvrir d'avance des conséquences de son jugement. Il faut avoir le QI plus que bien accroché pour jouer à l'envers du principe de précaution ! Mais sais-t-on jamais…
Pour en savoir plus et signer la pétition : Commune de Farinole > A Ferrera
18/09/09
Mode / Hiver 2009 / UCPS, la dernière tendance
Les symptômes de la grippe porcine sont très exactement les mêmes que ceux de la grippe saisonnière. Il reste donc à faire la différence en adoptant un look de circonstance.
C'est le moment d'assumer à 100 % son côté fashion addict et de faire don de sa garde-robe City, Ethnic ou Military au Secours Catholique. Cet hiver, ce qui va marcher à fond la caisse enregistreuse, c'est le UCPS, ou Unisex City Plague Style, vente exclusive en pharmacie et parapharmacie.
Retour aux formes amples descendant à la cheville, aux tissus alliant souplesse et imperméabilité et aux tons neutres gris pachyderme délavé. Du côté des accessoires, on est pas en reste avec le chapeau feutre à large bord, et surtout avec la baguette. Cette dernière se prête à toutes sortes de fantaisies gestuelles et permettra de tenir les réfractaires (Si, si ! Il y an aura) à distance respectable.

