Le 9 décembre, la Bibliothèque municipale de Porto-Vecchio organisait une rencontre avec Jean-François Agostini, autour de ses derniers recueils : Quelques mots pour ne pas dire, et C’est ou. Une rencontre en deux temps, verbal et scriptural.

VERBAL > LECTURE
Livre à la main, Christian Ruspini a prêté sa voix à quelques poèmes. Pas vraiment une déclamation. La poésie de Jean-François est si loin des élégies et autres épopées… Une diction, avec ce qu’il faut de clarté pour donner à chaque mot son poids, et ce qu’il faut de rythmes pour sentir les enchaînements successifs et leur étrange mélange de logiques attendues et de surprises émouvantes. Faire à la fois entendre la belle mécanique de tout ce qui va de soi, celle qui ronronne à la moindre évidence, et qui crisse et dérape — ou chante et s’envole – sous le regard du poète, quand il dévoile ce qu’il voit sous les effets de réalité, et qui mérite d’être entendu. Sous le trivial sommeille la transcendance. Ce sont des choses, certes. Mais inertes. Comme les mots des répertoires. La réalité ? La fusion des mots et des choses dans le creuset de l’émotion.

SCRIPTURAL > DEDICACE
Plume à la main, Jean-François Agostini s’est prêté au jeu convenu de l’épitre dédicatoire. Autrefois, elle était imprimée en tête du livre, pour s’assurer des bonnes grâces du Prince. Aujourd’hui, sa souveraineté est rendue au lecteur. Tacitement, d’ordinaire. Solennellement, lorsque l’auteur, en face à face, ajoute aux signes mécaniques le supplément d’âme du geste autographe. Le mot de plus qui sanctionne le double pari des émotions offertes et des émotions à savourer. Et le livre n’en est que plus réel. Plus attendu. Mieux partagé. 

[] Xavier Casanova (Ph : XC)

LOUPE

 Jean-François Agostini
Quelques mots en l’air pour ne pas dire,
Alata : Colonna Edition, 2011. (Coll. Recueils de poésie)
C’est ou : poèmes et photographies,
Saint-Estève : Les Presses Littéraires, 2011. (Coll. La petite épicerie de la poésie)